Sturnus vulgaris

Etourneau

description Ile Simon, Tours
Fiche descriptive
Biométrie : Taille : 21 cm. Envergure : 31 à 40 cm. Poids : 75 à 96 g. Longévité : 15 ans.
Description : l'Étourneau sansonnet est un oiseau noir un peu plus petit que le Merle noir avec lequel il peut être confondu, mais sa silhouette est différente. La queue est assez courte et dépasse de peu les ailes assez longues au posé, alors que le merle a des ailes courtes et une longue queue. La différence se voit bien aussi en vol quand on peut apprécier la forme des ailes, pointues et larges à la base, comme triangulaires. De plus, le vol est très différent. Le plumage est noir et lustré alors que le merle mâle l'a noir mat.
Le plumage adulte neuf, juste après la mue de fin d'été, est caractérisé par des tectrices noires avec une pointe pâle (blanche, crème, voire roussâtre), ce qui donne à l'oiseau un aspect moucheté caractéristique. Au fur et à mesure de l'usure de ces plumes tout au long de l'hiver, les taches s'estompent progressivement pour laisser place à un plumage nuptial noir brillant, avec des reflets verts ou violacés suivant les endroits.
 Le reproducteur a le bec jaune avec la base bleutée tandis que chez la femelle, la base est rosâtre. De plus, le mâle a les pattes d'un rose-rouge plus vif que la . Il a aussi des plumes ornementales plus développées au niveau de la gorge, qui apparaissent bien lorsqu'il chante. La femelle a un iris un peu plus pâle. Mais tout concourt à faire en sorte que les adultes soient dans leurs plus beaux atours au printemps pour la reproduction.  Le juvénile est très différent d'aspect au point qu'on pense souvent avoir affaire à une autre espèce. Son plumage est entièrement brun-gris et assez clair. L'uniformité est simplement rompue par les liserés chamois des plumes de l'aile. Le bec est noirâtre avec une commissure jaune. Les pattes sont rougeâtres ou brunâtres.

Habitat : l'Étourneau sansonnet a deux exigences pour être présent en tant que nicheur. Il lui faut des milieux ouverts pour son alimentation au sol, et des cavités pour la reproduction. Il est capable d'exploiter tout milieu ouvert où il a accès au sol, prairies, pelouses naturelles et artificielles, milieux steppiques, cultures, jardins et vergers, vasières des étangs en vidange, zone intertidale en bord de mer, etc. Les cavités de nidification peuvent être naturelles (les trous de pics dans les arbres par exemple étant les plus classiques) ou artificielles (murs et toitures délabrés, en ville comme à la campagne, nichoirs et plus récemment lampadaires modernes). Il ne devient forestier que pour la reproduction lorsqu'il cherche des cavités favorables sur les marges des massifs, plus rarement dans l'intérieur de ceux-ci. Grégaire, il passe la nuit en dortoirs inter-nuptiaux populeux, soit dans des ligneux (parcs urbains par exemple), soit fréquemment en phragmitaie en bordure de plans d'eau.
Comportement : le trait de comportement principal de l'Étourneau sansonnet est son tempérament grégaire qui le pousse à former des groupes, pratiquement à longueur d'année. Il n'y a guère que pendant la nidification qu'il adopte un comportement territorial à l'égard de ses congénères, mais cette territorialité est peu marquée et autorise une reproduction presque coloniale dans les secteurs les plus favorables. Même en cours de nidification, les adultes qui ne sont pas au nid rejoignent des dortoirs communautaires par souci de protection contre les prédateurs. Et dès l'émancipation des jeunes, les familles se regroupent, se nourrissent ensemble et passent la nuit ensemble en dortoirs.
 L'Étourneau sansonnet est très terrestre quand il se nourrit. Il recherche activement ses proies invertébrées au sol d'un pas rapide, fouillant la surface du bec. En revanche, à la saison des fruits, il peut se nourrir directement sur les arbres ou arbustes porteurs, et souvent en nombre. Ce qui fait qu'il est considéré comme très nuisible dans le vignoble ou les vergers, de cerisiers tout particulièrement. En période de reproduction, les mâles deviennent très démonstratifs pour la possession des cavités et l'attraction des femelles. Le chant est émis depuis un perchoir évident d'où ils peuvent être bien vus, avec une gestuelle typique comprenant des mouvements des ailes entrouvertes, un gonflement de la gorge hérissant les plumes ornementales, et bien sûr les vocalisations sonores évoquées plus haut. L'introduction de l'espèce en Amérique du Nord, avec le nombre croissant d'oiseaux et leur comportement agressif, a entraîné le déclin d'autres espèces nichant en cavité.
Alimentation : espèce omnivore, mais le régime insectivore au sens large prédomine en toutes saisons. Les proies se recrutent parmi l'ensemble des arthropodes (insectes, myriapodes, arachnides), mais aussi vers de terre et autres petits mollusques. Un exemple de proies idéales, les diptères tipulidés et leurs larves terrestres, omniprésentes dans les prairies, en surface et à faible profondeur. Le bec est alors un outil essentiel. Les jeunes sont nourris de proies animales. Ce sont également de telles proies qui sont recherchées en période internuptiale sur les vasières, que ce soit sur le littoral avec les laisses de mer très riches en arthropodes, ou en milieu continental sur les étangs en vidange, deux facies où les oiseaux côtoient des oiseaux plus spécialisés comme les limicoles.
 De l'été à l'hiver, les fruits peuvent prendre une grande importance dans le régime. Ce qui n'est sans problèmes pour la viticulture et l'arboriculture. Une situation extrême en zone méditerranéenne, au Maghreb par exemple, où en hiver, les étourneaux se trouvent par millions d'individus et s'abattent dans les oliveraies. Localement, on a même été jusqu'à faire sauter les dortoirs à l'explosif pour s'en débarrasser, avec tous les dégâts collatéraux qu'on imagine, et sans solution véritable, étant donné la dynamique naturelle de l'espèce.
Autres sources de nourriture pour les étourneaux, artificielles celles-là, les centres d'enfouissement techniques qui leur procurent des déchets alimentaires d'origine humaine à longueur d'année, et les exploitations agricoles où fumiers et ensilages sont très fréquentés.
Chant-Cri : L'Étourneau sansonnet est un oiseau très vocal toute l'année. Ceci est à mettre en relation avec son tempérament très grégaire, les individus d'un groupe gardant ainsi un contact permanent. Le répertoire est très vaste et presque intraduisible. Les cris différents sont nombreux, le plus classique étant un "tchrrrriiiiii" prolongé. On note aussi un "heinnnn" d'inquiétude près du nid ou des "tenk" puissants en vue d'un prédateur comme l'épervier. Les jeunes au nid quémandent avec des "srrii srrii srrii" incessants.
Le chant est une longue phrase faite de sifflements divers alternant avec des syllabes plus mélodieuses. Des notes grinçantes et discordantes, des trilles, des roulades ponctuent les phrases. Il inclut des imitations de très nombreuses espèces, passereaux et non-passereaux. Une imitation classique est par exemple celle du chant du loriot qui peut tromper le novice. Mais il imite aussi volontiers la buse, la foulque, etc.

Vol : il est énergique, rapide et direct. Les battements d'ailes sont très rapides et ininterrompus. De petits vols planés précèdent les posés. Lorsqu'il recherche sa nourriture au sol, il procède aussi par petits vols brefs pour gagner au plus vite les bons endroits. Les groupes de migrateurs progressent d'un vol rapide, le plus souvent à faible hauteur.
 Mais le plus spectaculaire chez cette espèce, ce sont les vols groupés, en particuliers les évolutions qui précèdent la descente au dortoir. Les groupes, qui peuvent comprendre plusieurs milliers d'oiseaux, évoluent dans le ciel en formant des nuages denses qui se déforment, louvoient, changent instantanément de direction, en arabesques fascinantes à voir. Pour en arriver ainsi à des évolutions collectives avec changements de direction instantanés, on imagine ce que cela sous-entend en termes de capacité cognitive et de communication visuelle inter-individuelle. Le rôle du cervelet est très important. En présence d'un prédateur comme l'épervier, les étourneaux en vol resserrent les rangs. On dit qu'ils "forment la boule". C'est un bon indice pour l'ornithologue attentif qui peut ainsi à son tour détecter le prédateur.
Reproduction : il niche en cavité. La hauteur lui est indifférente, même s'il privilégie les cavités les plus hautes. En forêt, il occupe les vieilles loges de pics. Du fait de sa taille, il est capable de s'introduire dans celles du Pic épeiche, l'espèce la plus commune partout. Celle du Pic noir est trop grande pour lui. Pour l'occupation des cavités, il est dominant sur les autres espèces potentielles, comme les mésanges, sittelles et autres gobemouches. En milieu anthropisé, toute cavité assez confinée et protégée des prédateurs peut être occupée.
 Le nid est très souvent sous un avant-toit, à la faveur d'une planche de rive trouée par exemple. Depuis quelques décennies, il s'est adapté aux lampadaires modernes, faisant son nid derrière les ampoules qui doivent en plus lui procurer une ambiance agréable. Les nichoirs peuvent être occupés évidemment, mais pas ceux destinés aux mésanges ou autres petits passereaux qui ont un trou d'envol trop petit, excepté si ce dernier a été élargi par le Pic épeiche. Il préférera un nichoir à chevêche, rollier ou huppe, d'où une compétition certaine.
Le nid est fait de matériaux très divers, la coupe étant tapissée d'éléments doux comme les herbes sèches, les fibres végétales et animales, la mousse, les plumes, le cas échéant du papier ou de la ficelle,...  Dès la fin mars ou début avril au sud de l'aire, la femelle y pond 4 ou 6 œufs d'un bleu intense sans tache. La couleur vive est à relier à la nidification cavernicole, les œufs n'étant pas visibles directement des prédateurs. L'essentiel de l'incubation revient à la femelle. Elle est d'une 15e de jours. Les jeunes quittent le nid à l'âge de trois semaines environ et les parents les nourrissent pendant quelques jours encore. Dès leur émancipation, le comportement grégaire reprend le dessus et les familles se regroupent pour leurs activités.
 Si la ponte est détruite, le couple peut entamer une ponte de remplacement, mais avec un nombre d'œufs plus faible et probablement un succès moindre à terme. D'un point de vue comportemental, l'espèce fait montre de quelques curiosités. Même si c'est loin d'être la règle, les mâles peuvent être polygynes. On a également noté un parasitisme de nichée. Une femelle peut par exemple prélever un œuf dans un nid étranger et le remplacer par le sien.
Répartition :
répartition
Source : Oiseaux.net

Taxonomie


RègneAnimalia
PhylumChordata
Sous-phylumVertebrata
ClasseAves
OrdrePassriformes
FamilleSturnidae
GenreSturnus
Espèce Sturnus vulgaris
Linnaeus