📅 Samedi 8 août 26
Ed Alcock, photographe franco-britannique, construit des récits à partir du réel.
Entre chronique sociale et histoire intime, ses images explorent la famille, l’enfance et les territoires du quotidien avec une grande sensibilité narrative.
Secrets et mensonges offre une plongée de quinze ans dans son travail photographique. Pour la première fois, l’ensemble de son œuvre est présenté en une seule et même exposition, révélant la cohérence et l’évolution de son regard sur la famille, la transmission et le sentiment d’appartenance. Le parcours est pensé de manière chronologique, invitant le visiteur à un voyage qui part de l’intime pour s’ouvrir à une approche plus documentaire.
Hobbledehoy traite du passage de l'enfance à l'adolescence. Le titre lui-même, issu du vieil anglais, que l'on pourrait traduire par "dadais", renvoie à cet âge incertain, entre deux états. Cette idée se retrouve dans la structure du travail photographique, où deux types d'images se répondent. D'un côté, des scènes lumineuses et chaleureuses, baignées d'une lumière estivale et méditerranéenne, centrées sur la mère et l'enfant; de l'autre, des images plus verdoyantes, où apparaissent un jardin et des jouets, déjà à l'abandon: un contraste visuel qui suggère une transition, un basculement progressif d'un âge à un autre. Le projet prend aussi une dimension autobiographique et cyclique. En regardant son fils grandir, Alcock se souvient de sa propre enfance et de son père qui lui chantait: "Ce n'était ni un homme ni un garçon; ce n'était qu'un hobbledehoy".
L'artiste reconnaît dans son fils une posture, une mélancolie qui font écho à ses propres expériences passées. La photographie devient un espace de résonance entre générations, où se mêlent mémoire personnelle et observation du présent.
Dans Hobbledehoy, ouvrage paru en 2013, les photographies d'Alcock sont accompagnées d'un récit, La Pièce fermée, écrit par Emmanuel Carrère. Le texte, ici lu par l'auteur, met des mots sur une émotion universelle: la douleur douce et paradoxale ressentie par les parents face à leurs enfants qui grandissent. II souligne également une tension féconde chez Alcock, à la fois artiste et père, capable de transformer cette expérience intime en une œuvre à la fois sereine et profondément bouleversante.
Biographie
Dans ses séries photographiques, Love Lane (2015) et The Wait (2015-2016), Ed Alcock explore les ravages engendrés par les secrets de famille. Ses travaux ont été exposés au Point Éphémère à Paris lors du festival Myop in Paris (2015) et lors de Photo London par la galerie Seenfifteen (2015.
Son travail sur la relation entre l'homme et l'animal, Entre chien et loup, a été exposé au Festival Photo La Gacilly, Baden Photo Festival et Myop in Arles 2019.
Dans sa dernière série Home, sweet home, initiée par le Brexit, Ed Alcock engage une réflexion sur sa mutation identitaire et celle de son pays d’origine, le Royaume-Uni. Il interroge le sentiment d’appartenance à une nation, celle que l’on appelle “Home”. Se sentant exclu par un pays de plus en plus replié sur lui-même, le photographe a obtenu la nationalité française en 2018. Home, sweet home est paru dans un Myopzine (Myop Editions, 2018) et a été exposé à Paris lors du Festival Circulation (2019) et aux Rencontres International de la Photographie d'Arles (2019).































