📅 Samedi 8 août 26
nebula liger - un fleuve à so"
Un Fleuve à Soi propose une immersion intime et scientifique dans l'écosystème de la Loire.
L'apprentissage du fleuve : ce projet est le fruit de longs mois d'arpentages, d'explorations régulières et de pérégrinations menées par l'artiste le long du fleuve royal. En se confrontant intimement à sa topographie, ses îles, ses grèves, sa flore, sa faune et ses sédiments, Benoît Pinero dit être « entré en paysage », brisant la distance traditionnelle entre le spectateur et la nature.
Un dialogue interdisciplinaire : pour nourrir cette approche, l'artiste a travaillé en étroite collaboration avec des chercheurs (notamment du laboratoire CITERES), des écologues, des hydrogéologues, des géographes et des archéologues. L'exposition cro ainsi les regards entre géographie, géologie, botanique et histoire de la photographie.
La figure du brouillard et la désorientation sensorielle : l'un des axes forts du parcours réside dans la place accordée au brouillard (Nebula). Loin d'être un simple élément neutre, il est présenté comme une entité active qui perturbe la vue, étouffe les sons et efface les repères habituels.
L'expérience du visiteur : conçue comme un parcours sensible et immersif, l'exposition invite le public-arpenteur à se décentrer. En acceptant d'être déstabilisé par cette atmosphère vaporeuse, le visiteur est invité à abandonner son simple statut de "regardeur" passif pour renouveler son imaginaire fluvial et retisser un lien sensible avec la fragilité et la puissance de ce milieu naturel.
L'apprentissage du fleuve : ce projet est le fruit de longs mois d'arpentages, d'explorations régulières et de pérégrinations menées par l'artiste le long du fleuve royal. En se confrontant intimement à sa topographie, ses îles, ses grèves, sa flore, sa faune et ses sédiments, Benoît Pinero dit être « entré en paysage », brisant la distance traditionnelle entre le spectateur et la nature.
Un dialogue interdisciplinaire : pour nourrir cette approche, l'artiste a travaillé en étroite collaboration avec des chercheurs (notamment du laboratoire CITERES), des écologues, des hydrogéologues, des géographes et des archéologues. L'exposition cro ainsi les regards entre géographie, géologie, botanique et histoire de la photographie.
La figure du brouillard et la désorientation sensorielle : l'un des axes forts du parcours réside dans la place accordée au brouillard (Nebula). Loin d'être un simple élément neutre, il est présenté comme une entité active qui perturbe la vue, étouffe les sons et efface les repères habituels.
L'expérience du visiteur : conçue comme un parcours sensible et immersif, l'exposition invite le public-arpenteur à se décentrer. En acceptant d'être déstabilisé par cette atmosphère vaporeuse, le visiteur est invité à abandonner son simple statut de "regardeur" passif pour renouveler son imaginaire fluvial et retisser un lien sensible avec la fragilité et la puissance de ce milieu naturel.
Récit d'une sortie par Céline Duval.
"Un fleuve à soi est une enquête hasardeuse, hésitante, par, avec et dans le brouillard. Loin d’être une entité neutre, ce dernier est ici investi d’une réelle puissance d’agir.
Nous avons tous fait l’expérience de la façon dont ce météore insaisissable modifie notre perception. En troublant la vue, atténuant les sons et masquant les repères, il nous déstabilise, détourne notre regard, lui impose l’invisible. En cela, il nous conduit à renoncer à une part de nos habitudes, de notre héritage culturel d’espèce regardeuse.
Le brouillard serait une forme d’orthèse, une béquille visuelle pour ré-apprendre à voir, à re-connaître, à re-composer une connaissance sensible de ceux qui nous entourent. Considérer chaque élément pour ce qu’il est, et tenter de comprendre en quoi il nous importe.
En ouvrant un espace-temps autre, le brouillard nous force à être et agir en « terrestres ». Le ciel, écran de nos imaginaires, de nos fantasmes d’évasion, disparaît. La masse nébuleuse collée au sol bouche notre horizon, annihile toute perspective, elle nous ramène au sol.
Nous n’avons d’autre choix que d’entrer en paysage, d’arpenter, de rôder à ras de terre, de baisser les yeux pour considérer ce que nous ne prenons jamais la peine de voir, de prendre garde à l’obstacle invisible, de humer les exhalaisons fumantes, de sentir le poids minéral de la terre sous nos pieds, la charge de nos pas alourdis par des paquets de brume collante.
Peu à peu, pas à pas, un monde s’ouvre, s’offre à nos sens aiguisés, révélant sa composition complexe et élémentaire.(…) La Loire, le fleuve qui traverse la ville où je réside, est la médiatrice et l’opérateur d’une transformation profonde de mon rapport à l’espace et au vivant, dans mon environnement quotidien."
Nous avons tous fait l’expérience de la façon dont ce météore insaisissable modifie notre perception. En troublant la vue, atténuant les sons et masquant les repères, il nous déstabilise, détourne notre regard, lui impose l’invisible. En cela, il nous conduit à renoncer à une part de nos habitudes, de notre héritage culturel d’espèce regardeuse.
Le brouillard serait une forme d’orthèse, une béquille visuelle pour ré-apprendre à voir, à re-connaître, à re-composer une connaissance sensible de ceux qui nous entourent. Considérer chaque élément pour ce qu’il est, et tenter de comprendre en quoi il nous importe.
En ouvrant un espace-temps autre, le brouillard nous force à être et agir en « terrestres ». Le ciel, écran de nos imaginaires, de nos fantasmes d’évasion, disparaît. La masse nébuleuse collée au sol bouche notre horizon, annihile toute perspective, elle nous ramène au sol.
Nous n’avons d’autre choix que d’entrer en paysage, d’arpenter, de rôder à ras de terre, de baisser les yeux pour considérer ce que nous ne prenons jamais la peine de voir, de prendre garde à l’obstacle invisible, de humer les exhalaisons fumantes, de sentir le poids minéral de la terre sous nos pieds, la charge de nos pas alourdis par des paquets de brume collante.
Peu à peu, pas à pas, un monde s’ouvre, s’offre à nos sens aiguisés, révélant sa composition complexe et élémentaire.(…) La Loire, le fleuve qui traverse la ville où je réside, est la médiatrice et l’opérateur d’une transformation profonde de mon rapport à l’espace et au vivant, dans mon environnement quotidien."
Benoit Pinero
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Biographie
Parcours et formation : sa démarche hybride a notamment été façonnée par sa rencontre avec le philosophe Bruno Latour et son équipe au sein du Speap (Programme d'expérimentation en arts politiques de Sciences Po). Il y développe une approche mêlant enquêtes de terrain, auto-description et recherches formelles.
Engagements et collectifs : il est très impliqué dans la vie artistique contemporaine et territoriale. Il est notamment membre de réseaux professionnels (comme le CIPAC ou le Collectif HF+ Centre-Val de Loire). Avec Pauline Quantin, il co-fonde le duo LIGERE (arts & société), une structure dédiée à l'innovation publique, à l'accompagnement des transitions territoriales et aux dialogues entre habitants et paysages.
Vision artistique : la photographie occupe une place centrale dans son travail. Qu'elle serve à documenter une recherche ou à exprimer un état sensible, il l'utilise comme un outil critique et poétique pour modifier nos représentations et stimuler notre attention envers le vivant.
Impressions perso
La plus belle expo que j'ai vue au château de Tours ce jour là. La visite dans une salle noire où il faut prendre une feuille de papier blanc, rentré dans la chmbre noire et placer la feuille blanche sous un projecteur à une certaine distance pour apercevoir l'image.
Puis nous découvrons des pièces consacrés au matériel photos dans une disposition des plus originales puis des enregistrements de sons de sédiments et plus encore. Je recommande vivement de découvrir cette expo originale.
Diaporama
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