Cathédrale de Vaison

La Cathédrale Notre-Dame-de-Nazareth

La cathédrale Notre-Dame-de-Nazareth est une cathédrale catholique romaine située à Vaison-la-Romaine. Elle ne doit pas être confondue avec la cathédrale Sainte-Marie-de-l'Assomption. Elle illustre diverses phases par laquelle est passé l'art chrétien depuis son origine jusqu'au XVème siècle et laisse présager d'une certaine grandeur de la ville jusqu'au Moyen Âge. Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1840.


 ➵ L'architecture mérovingienne, le style roman et le style gothique s'y côtoient. Son intérieur est élégant et l'architecture est noble, mais sa décoration a été saccagée par deux de ses évêques qui, pour enrichir leur palais épiscopal, se sont conduits en vandales. L'un l'a dépouillée de son jubé et l'autre enleva au chœur ses marbres. L'abside à la décoration en colonnes antiques nous est restée à peu près intacte. Voûtée en petit appareil, elle rappelle l'église mérovingienne primitive. Ses deux absidioles l'accompagnent et lui sont contemporaines. Dans celle du nord, un autel tabulaire, richement décoré, passe pour être la pièce la plus artistique de la cathédrale. En 1897, elle devient église paroissiale.

La cathédrale se compose :
 ➵ Une nef centrale de trois travées, flanquée de deux collatéraux sans transept1. La nef est voûtée en berceau brisé sur doubleaux tandis que les collatéraux ont des voûtes rampantes.
 ➵ Le Chevet À l'est, la cathédrale présente un chevet tripartite constitué d'une abside rectangulaire flanquée de deux absidioles semi-circulaire.
 ➵ L'abside composée d'un épais massif rectangulaire de maçonnerie en moellons très irréguliers que soutiennent deux petits contreforts, est percée d'une fenêtre axiale de style ogival tandis que les absidioles sont percées de petites fenêtres cintrées. Les fondations de l'abside, mises à nu, montrent des tronçons de colonnes antiques4. Le pignon triangulaire qui surmonte l'abside est orné d'une frise sculptée, d'une frise de denticules et d'un pilastre cannelé.
 ➵ Un clocher carré s'élève au-dessus de la dernière travée du collatéral nord, contre l'absidiole septentrionale. La partie supérieure de ce clocher est percée de trous de boulin et ornée d'une frise de rinceaux, d'une corniche à modillons et d'ouvertures décorées de colonnettes. Les ornements de la frise du clocher rappellent ceux du portail de l'église Saint-Michel de Salon-de-Provence.
 ➵ d'une tribune supportée par un tambour est accolée au revers de la façade de style jésuite (1776).
 ➵ d'une sacristie, couverte d’une voûte en plein cintre, communique avec le chœur.
 ➵ d'un clocher de plan carré, daté de 1470, s’élève au-dessus de la troisième chapelle latérale ouest. La partie supérieure de ce clocher est percée de trous de boulin et ornée d'une frise de rinceaux, d'une corniche à modillons et d'ouvertures décorées de colonnettes. Les ornements de la frise du clocher rappellent ceux du portail de l'église Saint-Michel de Salon-de-Provence.
 ➵ Dans la face orientale de cette tour d'apparence crénelée est encastré le cippe funéraire à portrait de Publius Atilius Ingenuus.

Le Cloître :
 ➵ Accolé à la façade septentrionale de la cathédrale, le cloître comporte quatre galeries sans étage entourant un jardin.
 ➵ communique avec la cathédrale par deux petites portes5, desservait jadis les logements, le réfectoire, le dortoir et la salle capitulaire des douze chanoines appartenant au chapitre, mais ces locaux ont aujourd'hui disparu.
 ➵ La fondation du cloître et des bâtiments qui ont servi au logement des chanoines remonte au premier quart du XIème siècle : cette première édification du cloître peut être datée précisément de 1010 à 1030.
 ➵ Le cloître a été tellement restauré qu'il est bien difficile d'en dater les différentes parties. Certaines colonnettes de la galerie occidentale au fût dépourvu de base pourraient remonter au XIème siècle mais il serait excessif d'affirmer qu'elles remontent toutes à cette époque : "au début du XIIIème siècle, en effet, quand les chanoines relevèrent les murs de leurs habitations dévastées, ils réédifièrent presque entièrement les galeries du cloître". La galerie méridionale, longeant le collatéral nord de l'église a été entièrement détruite et a été réédifiée lors d'une restauration de la cathédrale et du cloître opérée au XIXème siècle.
 ➵ Les galeries du cloître sont ajourées de petites arcades groupées par trois sous de puissants arcs de décharge cintrés1, sauf le centre de la galerie septentrionale, qui est percé de deux grandes baies cintrées. De nombreuses colonnettes sont surmontées de chapiteaux à feuilles d'eau, mais certains chapiteaux sont figuratifs, dont plusieurs chapiteaux de la galerie orientale que l'on peut dater du début du XIIIème siècle.
 ➵ Certains fûts de colonnettes et quelques pilastres, surtout dans les galeries de l'est et du nord, sont en très beau marbre blanc. Il est certain que le constructeur du XIIIème siècle s'est approvisionné dans les ruines de monuments antiques, qui, à Vaison comme à Arles et en beaucoup d'autres endroits, servaient de carrière.
 ➵ Dans le cloître sont conservés les restes du monument à Guillaume II de Cheisolme et à Guillaume III de Cheisolme, évêques de Vaison.
 ➵ La cathédrale présente au sud, face à l'avenue Jules Ferry, la haute façade du collatéral sud, édifiée en moellons et soutenue par quatre hauts contreforts en pierres de taille marquées de nombreuses marques de tâcheron.
 ➵ Cette façade est percée d'une porte dont les larges piédroits ornés de belles marques de tâcheron (dont de belles croix à mi-hauteur) portent un grand arc en plein cintre dont les claveaux très réguliers encadrent un tympan plat. L'extrados est protégé par un larmier constitué de pierres irrégulières en forte saillie. Cette porte est surmontée d'une belle fenêtre cintrée entourée, elle aussi, de nombreuses marques de tâcheron très visibles. La façade du collatéral est sommée d'une belle frise de rinceaux et d'une corniche à faux modillons décorés de rinceaux et de palmettes.
 ➵ Au-dessus de la façade du bas-côté, et en retrait par rapport à celle-ci, la partie haute de la façade de la nef est édifiée en pierre de taille assemblée en grand appareil et percée de belle fenêtres ornées de fines colonnettes à l'ornementation torsadée dont les chapiteaux portent un arc en plein cintre très orné. Cette façade se termine par une frise plate composée de bandeaux séparés par des rangs de perles, et une corniche ornée d'oves, de denticules et de rais-de-cœur.
 ➵ L'abside et ses absidioles présentent un intérêt historique majeur, car elles sont une des preuves de ce que l'arc outrepassé n'est pas d'origine orientale, mais est une évolution de l'arc en plein cintre, apparue durant le Bas-Empire romain et utilisé par l'architecture paléochrétienne comme ici où on le trouve en plan dans l'abside et les absidioles à la fin du Vème siècle.
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Cathédrale ND de Nazareth