Ardea alba

La Grande Aigrette

Vu en bord de Loire, Touraine
  • Biométrie : Taille : 104 cm. Envergure : 140 à 170 cm. Poids : 1000 à 1500 g
  • Description : grand ardéidé blanc cosmopolite, un des plus grands en terme de taille. Elle est plus élancée et moins massive que le Héron cendré qu'elle dépasse en longueur. Son très long cou forme au repos un S caractéristique, avec comme une cassure en son milieu. Son plumage est entièrement blanc, ce qui, allié à sa grande taille en fait un oiseau inconfondable, sinon avec les rares formes leuciques d'autres grands ardéidés comme le Grand Héron américain. On ne lui connaît pas de morphe sombre. Le plumage inter-nuptial blanc est on ne peut plus sobre. Le bec, long et assez peu élevé, est alors jaune à jaune orangé et les pattes sont noires. À l'approche de la reproduction, de longues plumes ornementales appelées "aigrettes" apparaissent sur le dos, le bas du cou et la poitrine, qui serviront d'éléments de séduction lors de la parade nuptiale, mais point de plumes allongées à l'arrière de la tête chez cette espèce. Les parties nues du corps se colorent. Chez la sous-espèce nominale à laquelle nous sommes habitués, le bec s'assombrit, les lores verdissent et les tibias rougissent. il en est autrement dans les autres sous-espèces, mais on reconnaîtra toujours une Grande Aigrette à la longueur de la commissure buccale qui dépasse nettement l'œil vers l'arrière, ce qui en général se voit bien sur photos.
  • Comportement : oiseau sociable que l'on observe le plus souvent en groupes quelle que soit la saison. C'est la disponibilité alimentaire qui concentre ces oiseaux dans les endroits favorables, mais pas seulement. Ils aiment aussi la compagnie, même si on peut voir, en hiver par exemple, des comportements agressifs pour la défense de lieux de pêche restreints. La reproduction est coloniale, la territorialité s'exerçant exclusivement aux abords immédiats du nid. La Grande Aigrette a une activité diurne. La nuit, elle se rassemble en grand nombre dans des dortoirs communautaires arboricoles situés dans des secteurs peu ou pas dérangés. Elle peut y venir de très loin, plusieurs 10aine de km, sachant qu'elle y sera protégée. Elle exerce sa prédation en avançant d'un pas assez lent, dans l'eau assez profonde ou sur la terre ferme suivant les proies recherchées. Elle peut tenir l'affût, immobile, si nécessaire pendant de longs moments. Elle sait utiliser une patte pour agiter l'eau et débusquer ainsi ses proies, comme le font bien d'autres oiseaux de différents groupes. La proie est harponnée du bec qui se révèle une arme très efficace du fait de la rapidité de l'oiseau dans les détentes du cou. Sur terre, ce sont les campagnols et micro-mammifères qui sont ainsi poignardés.
  • Chant-Cri : Quand elle est inquiétée, la Grande Aigrette émet à l'envol un "kraaaah" rauque et roulé très sonore. Sur ses lieux de reproduction, le vocabulaire se diversifie lors de la pariade au sein du couple ou alors dans les interactions entre individus au sein de la colonie de reproduction. Mais ce sont toujours des émissions sonores rauques et graves.
  • Vol : les ailes longues et larges de la Grande Aigrette lui procurent un vol majestueux du fait de battements amples et lents, plus souples que ceux du Héron cendré. Le vol est direct et soutenu, avec des battements réguliers, le vol plané n'étant utilisé qu'à l'approche de la destination, lorsqu'elle se laisse glisser vers le sol.
  • Alimentation : La Grande Aigrette n'est pas qu'une consommatrice de poissons, sa prédation s'exerce sur une grande variété de proies vertébrées comme invertébrées, aquatiques comme terrestres, même si les petits poissons constituent toujours la part prépondérante de son régime. Il est assez classique de la voir en période internuptiale dans les prés ou les champs chassant les campagnols comme peut le faire le Héron cendré.
  • Habitat : elle occupe une très grande variété de zones humides, que ce soit sur les côtes ou dans l'intérieur, et même localement des milieux terrestres. Elle y pêche, ou chasse, une grande diversité d'invertébrés et de vertébrés, aquatiques ou terrestres. Son habitat inclut généralement des ligneux utilisés comme reposoirs. Elle niche en roselière ou dans des arbustes au dessus ou au bord de l'eau.
  • Reproduction : Au moment de la reproduction, la parade nuptiale voit les adultes reproducteurs exhiber leurs magnifiques plumes ornementales, déployées comme de grands éventails. Cela s'accompagne de mimiques et de vocalises qui n'ont cours qu'à ce moment de leur cycle annuel. Elle peut nicher isolément, mais la plupart du temps elle le fait de façon coloniale, en compagnie d'autres espèces d'ardéidés ou d'autres familles (ibis, spatules, cormorans, etc.). La sous-espèce nominale niche volontiers en roselière, comme le Héron pourpré, mais comme lui également dans des ligneux bas au dessus de l'eau (saulaie riveraine par exemple). Ailleurs, des nids peuvent être construits jusqu'à une 15e de mètres de hauteur, très rarement plus haut. Le nid est une plate-forme lâche faite de branchages et de brindilles, de tiges de plantes aquatiques, d'un mètre de diamètre en moyenne pour une épaisseur de 20 cm. La coupe est peu ou pas tapissée du tout. Les adultes ajoutent des matériaux en périphérie en cours de nidification, jusqu'à l'envol des jeunes. Le même nid peut être réutilisé l'année suivante s'il a survécu aux intempéries.La femelle dépose 4 à 5 œufs lisses, bleu verdâtre ou bleu clair. L'incubation dure 23 ou 24 jours, assurée par les deux adultes. Les poussins sont semi-nidifuges et s'aventurent dès qu'ils ont une 15èmede jours sur les branches autour du nid. Les deux parents les nourrissent par régurgitation directement dans le gosier. Ils commencent à effectuer de courts vols à l'âge de 35 à 40 jours.
  • Répartition :
Source : Oiseaux.net

Vu aux bords du Cher, de l'Indre, de la Loire en Touraine

Nomenclature
Ordre : Pelecaniformes
Sous-Ordre : Pelecani
Super-Famille : Ardeoidea
Famille : Ardeidae
Genre : Ardea
Espèce : Ardea alba Linnaeus