La ville de Tours est située sur les rives de la Loire et du Cher en d'Indre-et-Loire entre Saumur en Aval et Blois en amont.
La rue Nationale vue du Pont Wilson
Ancienne Caesarodunum cité des Turones, capitale de la IIIème Lyonnaise avec un des plus grands amphithéâtres de l'empire romain, Elle devient sanctuaire national avec saint Martin, Grégoire de Tours et Alcuin sous les Mérovingiens et les Carolingiens, et les Capétiens font de la monnaie locale la monnaie du royaume, la livre tournois. Capitale du comté de Tours qui deviendra la Touraine, le "jardin de France". Première ville de l'industrie de la soie, voulue par Louis XI, capitale royale sous les Valois avec ses châteaux de la Loire et ville d'art avec l'École de Tours. Capitale de loyauté pour Henri III et Henri IV pendant les guerres de Religion et ville de repli en juin 1940, ce qui lui vaudra d'être en partie détruite.
Le pont Wilson, la bibliothèque, l'église St Julien (à droite)
Protohistoire et Antiquité :
➵ Au Ier siècle, sous l'autorité romaine, une cité est fondée : elle est nommée Caesarodunum "ville fortifiée" dédiée à César ».
➵ Après le IVème siècle, durant Bas-Empire, selon un processus courant en Gaule, la ville prend le nom du peuple gaulois dont elle est la cité (Civitas Turonorum), c’est-à-dire Turones qui évolue en Tours par coalescenceNote.
➵ Vers 380-388, la ville devient la métropole de la province romaine de Lyonnaise troisième , dominant la vallée de la Loire, le Maine et la Bretagne. La cité possède des thermes, un temple et un amphithéâtre. Un réseau de voies romaines met la cité en relation avec ses voisines. À cause de troubles, elle est entourée d'une enceinte pourvue de tours et de poternes vers le IVème siècle délimitant le castrum. Le château médiéval de Tours, situé dans l'angle nord-ouest de l'ancienne cité, mis au jour lors de fouilles dans les années 1970, réutilisa cette fortification du Bas Empire.
➵ Sous les vestiges du château on découvrit également des thermes antiques. Une autre partie de cette fortification gallo-romaine et deux tours nous sont parvenues : celle attenante à l'Évêché (actuel Musée des beaux-Arts) et les vestiges de la tour dite "du Petit Cupidon", qui constituaient respectivement l'angle Sud-Ouest et Sud-Est du castrum. On retrouve le remploi de cette fortification lors du dégagement de la chapelle Saint-Libert en 2011.
ensp;➵ 732 ou 733 : bataille à mi-chemin entre Poitiers et Tours avec une victoire remportée par une armée, conduite par Charles Martel, contre des combattants sarrasins conduits par l'émir de Cordoue Abd el Rahman.
➵ Au IXème siècle, Tours est l'un des foyers privilégiés de la Renaissance carolingienne, notamment du fait de l'élévation l'abbatiaNote à saint Martin d'Alcuin, ancien prieur anglo-saxon du monastère de Cormery.
➵ Le manteau de saint Martin (cappa) serait aussi à l'origine du nom "Capet", qui est celui de la dynastie des rois de France, les Capétiens. À la fin de l'ancien régime, saint Martin de Tours reste le symbole de l'unité franque et française.
➵ En 813, un concile de grande importance à l'initiative de Charlemagne, impose l'usage de la langue "Romana Rustica" qui s'oppose à la "Theostica" et peut être considéré comme la naissance du français.
Le Château
Le Musée des Beaux-Arts
Le Pont Wilson
➵ En 850, les Vikings s’installent aux embouchures de la Seine et de la Loire qu'ils empruntent et contrôlent.
➵ En 845, Tours repousse une première attaque du chef viking Hasting.
➵ En 851, le roi français Charles II le Chauve a donné à William, chevalier de la Normandie dans l'actuelle Norvège, la seigneurie de la ville de Tours. Toujours menés par Hasting, les Vikings remontent à nouveau la Loire en 852 et mettent à sac Angers et le Maine mais la crue de la Loire, le 30 juin, les bloque et sauve la ville. Tours et l’abbaye de Marmoutier tombent dans les mains des pillards en 853.
➵ Durant le Moyen Âge, Tours est constituée de deux noyaux juxtaposés, parfois concurrents. La "Cité" à l'est, héritière du premier castrum, remodelée après 265, est composée de l'ensemble archiépiscopal (cathédrale et résidence des archevêques) et du château de Tours, siège de l'autorité comtale (tourangelle puis angevine) et royale. À l'ouest, la "ville nouvelle" ou Martinopole structurée autour de l'abbaye Saint-Martin qui bénéficie du prestigieux pèlerinage s'émancipe de la cité au cours du Xème siècle érigeant une première enceinte vers 918 et devient le "Châteauneuf" (castrum novum); cet espace, organisé entre Saint-Martin et la Loire, devient le centre économique de Tours. Son rayonnement lui valut même le droit de "battre la monnaie". Cette monnaie, le denier tournois, devient la livre tournois, monnaie de compte de l'Ancien régime, avant d'être remplacée par le franc après la Révolution. Entre ces deux entités subsistaient des espaces de varenne, de vignes et de champs peu densément occupés, à l'exception de l'abbaye Saint-Julien installée en bord de Loire. Les deux noyaux sont unis par une enceinte de réunion au cours du XIVème siècle. Tours est un modèle de la ville double médiévale.
➵ Après 1204, prenant acte de la déchéance continentale des Plantagenêts, Philippe II de France, dit Philippe Auguste, roi suzerain, récupère par la force la Touraine. Avec ce rattachement à la couronne, la livre tournois, qui tire son nom de l'abbaye Saint-Martin de Tours où l'on frappait des deniers dits "tournois" remplace la livre parisis comme monnaie de compte du domaine royal.
➵ Le 5 mai 1308, Philippe le Bel convoque à Tours les états généraux du royaume, cette assemblée était chargée de chasser les hérétiques et plus particulièrement les templiers. L'ordre sera finalement dissous en 1312 et certains de ses membres périront sur le bûcher. Voici l'épilogue d'un conflit opposant deux pouvoir, le pouvoir spirituel et le pouvoir d'un roi, Philippe le Bel qui veut rester maître dans son royaume.
ensp;➵ Le 30 mars 1356 par lettres patentes le roi Jean II le Bon ordonne de fortifier murs et maisons, et organiser le guet pour la défense de la ville. Par cette nouvelle enceinte, dite clouaison de Jean le Bon, la ville unie de Tours vient de naître.
Quelques Curiosités
Enseigne
Artisan de Vitrail
La statue du Monstre de Xavier Veilhan
Et après... :
➵ En avril 1562, les protestants s'emparent de la ville est détruisent tous les symboles à leurs yeux de dérives superstitieuses. À cet effet, lors de ces évènements, l'art de cité tourangelle, sous toutes ses formes, se révèle en être l'une des principales victime. Néanmoins, cette victoire demeure de courte durée. Ainsi, le 10 juillet de cette même année, les catholiques reprennent la ville.
➵ Le 6 mars 1589, Henri III vient se réfugier à Tours, qui en la circonstance retrouve son rôle de capitale du royaume suivi par le Parlement qui tiendra ses séances dans l'abbaye saint Julien, le 30 avril 1589 la réconciliation entre Henri III et Henri de Navarre a lieu. Mise en pratique dans les jours qui suivent lors de la bataille de Saint-Symphorien le faubourg de Tours au nord de la Loire, qui tient à la ville par le pont, où les troupes de la Ligue sont repoussées par la nouvelle coalition. Mais le 1er aout, Henri III est assassiné, Henri IV le nouveau roi fera son entrée solennelle à Tours le 21 novembre 1589, le Parlement de Tours et les instances de l'état reviendrons à Paris en 1594, pour ne plus y revenir. Les Grands Siècles de la capitale inachevée se terminent.
➵ La construction d'une nouvelle enceinte dont les boulevards Béranger et Heurteloup reprennent sensiblement une partie du tracé s'étale sur presque tout le XVème siècle.
➵ Le 1er aout, Henri III est assassiné, Henri IV le nouveau roi fera son entrée solennelle à Tours le 21 novembre 1589, le Parlement de Tours et les instances de l'état reviendrons à Paris en 1594, pour ne plus y revenir.
Si des photos apparaissent sous le carrousel, rechargez la page.
Note
Coalescence : Fusion de deux unités phoniques contiguës en une seule.
Abbatia : mot latin désignant une abbaye. Il tire son origine de l'araméen abbas signifiant "père".
Lingua romana rustica : "langue romane rustique", parlée dans le nord de la France, langue d'oil (royaume des Francs), devint différente de celle parlée dans le sud du pays, langue d'oc et en Espagne (royaume des Wisigoths), de celle parlée en Italie, langue de si (royaume des Ostrogoths) etc.