Pica pica
La Pie bavarde
Vu sur l'Ile Simon, Tours
- Description : Les sexes sont semblables. À bonne lumière, le noir du plumage adulte présente des reflets bleus, indigo, violets, vert-bronze du plus bel effet.
Le juvénile a une queue plus courte, le noir du plumage couleur suie avec des reflets atténués, le blanc très légèrement teinté de roussâtre et le tour de l'œil clair faisant ressortir ce dernier.
Actuellement, 6 sous-espèces sont reconnues. Elles diffèrent légèrement par la taille et les proportions respectives du blanc et du noir dans le plumage, essentiellement au niveau des primaires et du croupion. Auparavant, elles étaient plus nombreuses, mais 4 taxons ont été élevés au rang d'espèce. - Comportement : On la voit fouiller du bec le sol pour dénicher ses proies car la pie est essentiellement un prédateur. Les plantations du potager ne risquent pas grand chose de sa part. Au contraire, elle contribue à éliminer des ravageurs potentiels. En revanche, on peut craindre pour les couvées ou les nichées des petits passereaux dont on aime être entouré car elle sait très bien repérer leurs nids. C'est probablement la raison pour laquelle elle est classée nuisible en France et peut à ce titre être tirée comme un gibier. Pourtant, la Pie bavarde ne fait que jouer le rôle que la nature lui a attribué. Elle a des ennemis naturels pour limiter sa population, les Accipiter par exemple, épervier et autour. En région méditerranéenne, ses nichées peuvent être parasitées par un coucou, le Coucou geai.
Elle est à la fois hardie et très prudente. Elle peut s'approcher de très près des habitations mais reste très méfiante et toujours aux aguets. Un geste de travers et c'est la fuite. En cela, elle rappelle les autres corvidés comme la corneille, connus pour leur niveau de réflexion élevé. En prenant de la hauteur par rapport au sol, elle perd un peu de sa crainte, ce qui peut l'amener à nicher en haut d'un arbre dans un jardin, un parc, une aire de jeux, pourtant régulièrement fréquentés. Il est possible aussi que la pie urbaine soit moins craintive que la pie campagnarde.
- La Pie bavarde est accusée d'être voleuse, de dérober des objets voyants puis de les cacher. Pour moi, il s'agit probablement d'une légende, venant d'une mauvaise interprètation d'observations. La pie en effet, comme tous les corvidés, cache la nourriture en surplus pour les jours de disette. Il suffit qu'un jour un quidam ait vu une pie cachant quelque-chose alors qu'il venait de perdre un objet pour se persuader que c'est son objet qu'elle cachait. Ainsi naissent les légendes. De son côté, Géroudet pense que la pie pourrait être attirée par un objet insolite dans son environnement, se l'approprier puis le cacher comme son instinct de prédateur lui commande de le faire avec une proie, voire l'apporter au nid comme le suggère une BD de mon enfance. C'est possible. Les corvidés apprivoisés montrent en tout cas un intérêt certain pour les yeux de leur "maître", la seule partie brillante du corps, et cherchent à les atteindre du bec quand ils sont sur l'épaule. Il faut s'en méfier, ou plutôt il fallait, car la détention de ces oiseaux est interdite par la loi en France.
La pie est sédentaire dans toute son aire de répartition. Les déplacements les plus importants, de 20 à 30 km tout au plus, sont le fait des jeunes oiseaux cherchant un territoire vacant.
Comme souvent chez les corvidés, les couples sont pérennes. Mâle et femelle sont ensemble à longueur d'année et vaquent ensemble à leurs occupations. Ils sont territoriaux à la saison de reproduction et se partagent l'espace entre eux. Mais en dehors de cette période, l'espèce devient un peu grégaire. Les groupes familiaux perdurent un certain temps. Ils peuvent se regrouper entre eux, agréger des immatures ou des inemployés, formant de petites troupes lâches qui vagabondent, les individus gardant un contact visuel tout en cherchant leur nourriture. Ils se rassemblent pour la toilette et pour se reposer et passent la nuit ensemble en dortoirs, le tout par souci de protection contre les prédateurs. Dans ces groupes, on arrive à repérer les couples à leur comportement.
En fin d'hiver, l'agitation gagne les individus qui manifestent une certaine nervosité. Cela donne lieu à des conciliabules, des acrobaties dans les arbres et des poursuites ponctuées de cris. Tout cela prélude à l'appariement des jeunes de l'année précédente qui ne tarderont pas à quitter le groupe pour se chercher un nouveau territoire. Les couples déjà constitués quant à eux regagneront leur territoire. - Vol : avec ses ailes courtes et arrondies, la Pie bavarde n'est pas faite pour les records de vitesse. Elle a un vol direct mais assez lent. Ses battements d'ailes sont rapides et saccadés et donnent l'impression d'irrégularité, avec des variations brutales de rythme. C'est très curieux. Est-ce une impression ou la réalité, toujours est-il que son vol est particulier et typique. Ses capacités de vol limitées font qu'elle se déplace toujours à faible hauteur, jamais haut dans le ciel où elle serait vulnérable. Quand elle vole à découvert, c'est pour gagner rapidement les arbres ou arbustes protecteurs les plus proches dans lesquels elle est plus en confiance.
Vu sur l'Ile Simon, Tours
- Cri-Chant : on dit que la pie jacasse et, avec ce que ce mot évoque dans notre esprit, c'est justifié. La Pie bavarde est en effet très bavarde.
Le cri le plus courant est un "kiah" rêche isolé ou encore un "kiak" souvent dédoublé en "ka yak" ou "tcha iak". Mais le cri qu'on a l'habitude d'entendre et de remarquer car c'est le plus sonore est une succession rapide de 4 à 8 notes sèches "tcha cha cha cha cha chak". Elle le pousse à toutes occasions et plus souvent qu'à notre goût. C'est probablement ce cri qui lui a valu son surnom d'agasse ou de jacasse. Lorsqu'elle est inquiète, elle pousse ce même cri mais la phrase s'allonge et le ton durcit. Autrement, on note des cris de proximité et de contact que des oiseaux s'échangent, par exemple dans l'intimité du couple, cris brefs, souvent rudes et grinçants, par exemple "reeeh" ou "krah".
- Alimentation : se nourrit presqu'exvclusivement au sol. Elle peut être qualifiée d'omnivore, mais elle est avant tout un prédateur. Son régime est nettement insectivore au sens large à la belle saison, mais les petits vertébrès y entrent aussi pour une bonne part. Parmi les invertébrés, les coléoptères sont toujours bien représentés, avant les lépidoptères et d'autres taxons terrestres comme les annélides. Pour les vertébrés, ce sont les lézards, les petits amphibiens à l'émergence, les oeufs et poussins de passereaux, les jeunes micromammifères, qui sont ciblés par sa prédation. Les graines et les petits fruits sont aussi consommés mais en petite quantité et suivant la saison. Elle suit les travaux des champs et des jardins susceptibles de tuer des animaux ou de faire sortir des proies du sol. Elle est volontiers nécrophage. Elle peut profiter des animaux tués sur la route, y compris les insectes. Elle fréquente aussi régulièrement, avec d'autres corvidés, les décharges et autres centres d'enfouissement qui recueillent des denrées comestibles, les aires de pique-nique, les parcs publics, les zones touristiques, tous endroits où elle peut récupérer des restes de repas. Elle cache régulièrement les surplus d'aliments pour les jours de pénurie.
- Reproduction : la saison de reproduction commence tôt du fait de la sédentarité de l'espèce et de l'appariement permanent des partenaires. Quelques parades en fin d'hiver suffisent à consolider du couple et la nidification peut commencer. La construction du nid est une œuvre de longue haleine qui demande au couple de longues semaines de travail, jusqu'à 5 à 6. Et ce nid monumental, malgré sa pérennité relative, ne sera utilisé qu'une seule fois pour la reproduction, le couple construit un nouveau nid chaque année. Il est le plus souvent construit dans la partie supérieure d'un arbre plutôt jeune, au niveau de la fourche terminale du tronc pour un feuillu, au niveau d'un des derniers verticilles pour un conifère, en moyenne à une 10e de mètres de hauteur. C'est souvent un peuplier d'Italie qui est choisi car sa morphologie lui convient bien. Lorsqu'il n'a pas le choix, le couple peut opter pour un arbuste ou même pour un buisson, surtout si le site est protégé par des ronces ou des broussailles denses. L'assise du nid est typiquement "corvidé". C'est une structure de brindilles et de branchettes ligneuses sèches, ramassées au sol et tenues par de la boue. La coupe, profonde, est soigneusement tapissée de radicelles. Enfin, un dôme protecteur, fait de branchettes volontiers épineuses et serrées, coiffe le tout. Les oiseaux accèdent au nid par un orifice latéral ménagé dans le dôme. L'aspect du nid de pie est vraiment typique et ne peut être confondu avec aucun autre nid. Celui de l'Écureuil roux peut lui ressembler de loin car en boule lui aussi. Mais il est fait de branchettes feuillées vivantes qui lui confèrent de près un aspect très différent. Ainsi placé en haut d'un arbre, le nid est en butte au vent. Les coups de vent le font osciller de façon importante, mais la souplesse du tronc à ce niveau lui permet de tenir. La femelle y dépose 4 à 9 œufs gris-vert tachetés de brun. L'incubation, assurée par la femelle, dure 16 à 21 jours. Le mâle la nourrit pendant cette période et après l'éclosion, les deux adultes assureront l'alimentation des jeunes. Le mâle veille en plus à la protection de la nichée, n'hésitant pas à poursuivre au vol tout prédateur trop curieux. Les jeunes quittent le nid à l'âge de 25 à 29 jours. Les groupes familiaux resteront unis pendant l'été. À l'automne, ils rejoignent les groupes de non-nicheurs.
Source : Oiseaux.net
| Ordre | : | Passeriformes |
| Sous-Ordre | : | Passeri |
| Infra-Ordre | : | Corvides |
| Super-Famille | : | Corvoidea |
| Famille | : | Corvidae |
| Genre | : | Pica |
| Espèce | : | Pica pica Linnaeus |