Eglise St Pierre Ville
L'Eglise St Pierre Ville
L’église Saint-Pierre-Ville est située au cœur du quartier Blanqui-Mirabeau, véritable petit village en pleine ville. Ce quartier tire son originalité topographique d’une certaine insularité, qui est due principalement à la Loire qui le borde au nord, mais surtout à trois artères routières importantes qui fixent les trois autres côtés : la rue Mirabeau à l’ouest, le boulevard Heurteloup au sud et l’échangeur autoroutier à l’est.
- Histoire de l’église Saint-Pierre-Ville et son patrimoine :
- ➵ L’histoire de l’église Saint-Pierre-Ville ne peut être dissociée ni de celle de Saint-Pierre-des-Corps, ni de celle de Tours. En effet, la situation à la veille de la Révolution était plutôt insolite : sous le vocable et église de Saint-Pierre-des-Corps, elle se trouvait à l’intérieur des murs du XVIIème siècle de Tours, tandis que la Paroisse qui lui était attachée s’étendait "extra-muros". En lire plus
- Des habitants célebres :
- ➵ Marie Guyard (1599-1672) : Née à Tours en 1599, Marie Guyard vient très tôt habiter le faubourg Saint-Pierre-des-Corps où son père est maître-boulanger. Elle épouse en 1616 Claude Martin, ouvrier en soie. Veuve à 19 ans avec un fils, elle travaille une dizaine d’années pour son beau-frère, Paul Buisson, propriétaire d’une grosse entreprise de transports commerciaux sur eau et sur route dans le quartier. Très pieuse, Marie Guyard a toujours été attirée par la vie religieuse. Elle rentre au couvent des Ursulines en 1631 et prend le nom de Marie de l’Incarnation. Elle part pour le Canada en 1639 et installe une communauté d’Ursulines à Québec. Elle fonde alors la première école pour jeunes filles amérindiennes et françaises en Amérique du Nord. Le 20 juin 1980, le Pape Jean-Paul II, déclare Marie de l'Incarnation Bienheureuse. Elle est canonisée par le Pape François, le 3 avril 2014, alors que les Ursulines célèbrent le 375e anniversaire de son arrivée au Canada.
- ➵ Charles-Jean Avisseau (1795-1861) : Né en 1795, Charles-Jean Avisseau fait son apprentissage chez les potiers et les faïenciers de Saint-Pierre-des-Corps. Il étudie parallèlement à l’École de dessin de Tours. Impressionné par les oeuvres du céramiste Bernard Palissy, il décide de retrouver cet art perdu. Il s’installe Faubourg-Saint-Pierre-des-Corps, face à l’église et commence ses recherches avec Joseph Landais. Il s’inspire de la faune et de la flore des bords de Loire pour réaliser ses céramiques. Vers 1846, il assoit sa notoriété et il est reconnu comme étant le "nouveau Palissy". Tout au long de sa carrière, il travaille en collaboration avec ses enfants, Édouard et Caroline. Mais son art ne suffit pas à faire vivre sa famille. Empoisonné par les matières qu’il utilise pour réaliser ses émaux, Charles-Jean Avisseau décède dans la misère en 1861.
- ➵ Joseph Landais (1800-1883) : Né en 1800 à La Celle-Guénand, Joseph Landais travaille dans une faïencerie de Saint-Pierre-des-Corps dès l’âge de 11 ans. Il rencontre Charles Avisseau dans une fabrique de faïence, rue des Ursulines, et en 1832, épouse Anne-Françoise Avisseau, soeur de Charles. Tous deux passionnés par l’art de Bernard Palissy, ils travaillent de concert jusqu’en 1848, date à laquelle la découverte de la technique des émaux va séparer les deux hommes, chacun voulant s’en attribuer la paternité. Joseph Landais reprend sa liberté et s’installe 21 rue René-de-Prie. Ses oeuvres attirent une clientèle étrangère et sont aussi appréciées que celles des Avisseau. IL travaille en famille avec son fils Charles-Joseph (1829-1908) et son petit-fils Alexandre-Joseph (1860-1912). Nommé conservateur du Muséum d’histoire naturelle, il décède en 1883 dans une certaine aisance.
- ➵ L’abbé Plailly (1805-1885) : Né à Paris en 1804, il fait ses études au séminaire de Tours et est ordonné prêtre en 1827. D’abord nommé vicaire à la cathédrale, l’abbé Plailly devient curé de la paroisse de Saint-Pierre-des-Corps en 1837. Artiste cultivé, il s’intéresse à l’art du vitrail. Il se forme à la Manufacture de Sèvres et surtout auprès de Gustave Bontemps à Choisy-le-Roi.De retour à Tours, il demande conseil à Charles Avisseau qui lui construit un four. L’abbé Plailly installe son atelier-laboratoire dans une des pièces du presbytère. En 1846, il crée son premier vitrail, "L’Annonciation" et l’installe dans son église. Ce vitrail est remarqué lors du congrès de la Société française d’archéologie et une souscription est lancée pour ouvrir un atelier de vitraux peints. Ce dernier ouvre en décembre 1847 : on y trouve notamment l’abbé Plailly et Julien-Léopold Lobin. Ils travaillent ensemble afin de réaliser, en quelques mois, tous les collatéraux de l’église Saint-Pierre. En 1848, l’atelier connaît des difficultés financières. Le 1er décembre de cette même année, Julien-Léopold Lobin est nommé directeur de l’atelier : l’abbé Plailly lui transmettra ses secrets de fabrication. Il décède en 1885 et est inhumé au cimetière La Salle.
- ➵ Julien-Léopold Lobin (1814-1864) : Né à Loches en 1814, Julien-Léopold Lobin étudie la peinture à Paris, puis il complète sa formation en Italie où il étudie la peinture religieuse. Sa rencontre avec l’abbé Plailly marque ses débuts dans l’art du vitrail. En 1847, Julien-Léopold Lobin est nommé directeur de l’atelier. Il rachète les parts des actionnaires et ouvre la manufacture Lobin. Julien-Léopold Lobin dessine les cartons des vitraux pour les nouvelles commandes. Ses modèles sont d’ailleurs souvent des habitants du quartier. Parallèlement, il met en place une stratégie commerciale avec un catalogue des oeuvres proposées confié à des représentants. Au moment de son décès en 1864, la manufacture est prospère et emploie environ soixante-dix personnes comme des peintres, des vitriers ou des employés au four et à la préparation des couleurs.
- ➵ Edouard Avisseau (1831-1911) : Né à Tours en 1831, Édouard Avisseau est le fils de Charles-Jean Avisseau. Doué pour le travail de la céramique, il se perfectionne dans le dessin et la peinture dans l’atelier de Julien-Léopold Lobin. Il reprend l’atelier de son père et en conserve les techniques. Il travaille davantage avec le diocèse. Ainsi, il réalise deux maîtres-autels, l’un pour la chapelle de la Grande-Bretèche, l’autre pour l’église Saint-Pierre-Ville. Mais les Avisseau sont passés de mode. En 1890, des travaux de voirie rue Avisseau entraînent la démolition du four de son père. Peu de temps avant sa mort, contraint de vendre l’atelier et la maison familiale, il décède en 1911 dans un total dénuement.
- ➵ Lucien-Léopold Lobin (1837-1882) : Né à Tours en 1837, Lucien-Léopold Lobin est le fils de Julien-Léopold. Il s’initie à l’art de la peinture dans l’atelier de son père et a pour maître Hyppolite Flandrin. À la mort de son père en 1864, il reprend la direction de la manufacture. Il garde le soutien du clergé et durant une douzaine d’années, il est le maître verrier de tous les chantiers diocésains. Il réalise l’ensemble des vitraux du nouveau choeur de l’église paroissiale de Saint-Pierre-des-Corps. Il fait don du vitrail central, La Nativité, sur lequel sont représentés les membres disparus de sa famille. Parallèlement, Lucien-Léopold Lobin développe le secteur du vitrail civil et des ornements funéraires. La manufacture en plein essor emploie jusqu'à cent personnes. Il garde la même stratégie commerciale que son père. Toutefois, à sa mort en 1892, la manufacture doit faire face à une baisse sensible du chiffre d’affaires. Elle ne compte plus qu’une soixantaine de personnes.
Source : Paroisse St Maurice
Je n'ai pu visiter l'intérieur car l'église n'est ouverte que pour les offices.