Eglise de St Etienne de Chigny

L'Eglise St Etienne

L'église Saint-Étienne est un édifice élevé dans le second quart du 16 ème siècle, consacré en 1543 par l'archevêque de Tours. L'unique verrière figurée qu'elle conserve a été installée dans la baie axiale dès cette époque. Elle fut en effet offerte par Jean Binet, seigneur d'Andigny (paroisse de Saint-Étienne-de-Chigny), mort en 1555, et son épouse Jeanne de La Lande.

L'Eglise St Etienne
Jean Binet était le fils de Macé Binet, seigneur de Valmer, et petit-fils par sa mère de Jean Briçonnet, dit "le Jeune", qui fut maire de Tours et receveur général des finances. Ce dernier avait épousé Catherine de Beaune, elle-même sœur de Jacques de Beaune, maire de Tours et surintendant général des finances, commanditaire des vitraux de Semblançay, de Ballan-Miré et du château de La Carte, probablement réalisés d'après les cartons du peintre Jean Poyer (Tours).
Jean Binet était donc directement lié aux plus grandes familles tourangelles de la Renaissance. Lui-même fut maître d'hôtel du roi François 1er et de sa sœur Marguerite, reine de Navarre, receveur général du Berry, trésorier du duc d'Alençon, maire de Tours.
  Il fut à l'origine de la reconstruction de l'église Saint-Étienne. Le don d'une grande verrière comme celle de La Crucifixion s'inscrit donc dans une tradition de mécénat artistique de la part des grands personnages qui gravitaient autour de la famille royale, à l'instar de Jacques de Beaune, son grand-oncle.
     La verrière a été restaurée plusieurs fois au cours du 19e siècle, d'abord en 1839, puis dans les années 1850 et 1860 par Julien-Léopold Lobin.
     En 1934, elle est de nouveau restaurée par Jean-Jacques Grüber avant d'être présentée à Paris, cette même année, lors de l'exposition sur La Passion du Christ dans l'art français (Musée du Trocadéro et Sainte-chapelle).   Occupant les trois lancettes de la baie, cette verrière représente le Christ en croix, entouré des deux larrons contorsionnés, dont l'âme est emportée au Paradis par un ange (à gauche), ou en enfer par un diable (à droite).
  Sainte Marie-Madeleine est figurée au centre, agenouillée et enlaçant la croix du Christ. Dans les lancettes latérales sont représentés, à gauche, Jean Binet, en donateur présenté par la Vierge, et à droite, son épouse Jeanne de La Lande, en donatrice présentée par saint Jean.
  L'identité des donateurs est confirmée par les armoiries mi-parti Binet et La Lande, présentes sur le registre inférieur, qui a été refait au 19e siècle (peut-être sur la base d'éléments anciens). Les mêmes armoiries ornent également le tabard, sorte de surcot d’apparat porté par-dessus l'armure, dont Jean Binet est revêtu.
  A l'arrière plan de la scène principale, se déploie un grand paysage italianisant. Entre deux montagnes coule une large rivière bordée de villes, de villages, de châteaux, de moulins... Dans les jours du tympan, enfin, sont figurés Dieu le père bénissant, la Sainte Face, le Chrisme et des anges portant les Instruments de la Passion. Ces éléments datent de la première restauration de la verrière, effectuée au 19e siècle, par l'atelier Lobin.

Cliquer sur une photo pour l'agrandir