Milvus migrans

Le Milan noir

Vu volant en bord de Loire
  • Description : la silhouette du Milan noir est différente du Milan royal. Il est moins grand, moins fin et sa queue dépasse à peine la pointe des ailes fermées. Il est globalement plus sombre mais le patron de plumage est à peu près le même. Voyons l'adulte. Vu de face, on note une tête grise striée de sombre, des parties inférieures brun roux cannelle et une queue grisâtre barrée de sombre.
     C'est en lumière vive, en plein soleil, qu'il peut évoquer le royal, le gris de la tête pouvant paraître assez cendré et le roux du dessous plus vif. De dos en revanche, pas de problème. Le plumage des parties supérieures est d'un brun soutenu, avec les couvertures ourlées de beige formant une zone pâle. Surtout la queue est brunâtre, jamais rousse d'aspect. Le bec est noir, l'iris jaune clair, la cire et les pattes jaunes.
     Le juvénile est typique avec son plumage brun marqué de chamois (moucheté/ourlé dessus, strié dessous), sa tête striée de chamois avec une zone sombre sur l'oeil et la cire jaune pâle. Les plumages immatures sont plus proches de celui de l'adulte.
     En vol, la silhouette est un critère important. Le Milan noir a aussi les ailes coudées, légèrement tombantes en vol plané, mais moins longues que celles du royal. La queue est plus courte et peu échancrée. Etalée, elle est triangulaire. En vue de dessus, l'oiseau est brun avec les couvertures plus claires. En vue de dessous, le patron de plumage est le même que celui du royal, mais plus sombre et beaucoup moins contrasté. Les plages blanches des mains en particulier ressortent moins. Mais c'est toujours la queue qui reste le critère déterminant.
  • Comportement : le trait de caractère le plus marqué de l'espèce est son grégarisme, plus marqué encore que chez son congénère le royal. Il peut nicher en petites colonies lâches. Dès que les jeunes sont émancipés et les adultes libérés de leur rôle de parents, les oiseaux se rassemblent, particulièrement au bord des eaux libres où ils font dortoir le soir. Le Milan noir est attiré par les sources de nourriture. C'est particulièrement le cas chez nous dans les centres d'enfouissement techniques où les déchets comestibles attirent une foule de détritophages. Le moment de la fenaison est également un temps béni. Les milans sont attirés par la fauche des prairies et le ressource qui lui est attachée.
     Les oiseaux d'Europe sont des migrateurs stricts. Ils vont passer l'hiver au sud du Sahara. C'est par dizaines de milliers qu'ils passent à Gibraltar. Arrivant à la mi-mars en moyenne sur leurs territoires, ils sont un peu comme les hirondelles, annonciateurs du printemps dans les campagnes. Ils passeront environ 4 mois sur place, le temps de mener à bien une reproduction puis dès la mi-juillet débutera le voyage retour qui culminera an août. Dès septembre, il ne restera plus que quelques retardataires.
  • Vol : son vol rappelle celui du Milan royal. Les ailes étant moins longues, les battements sont un peu plus rapides mais on retrouve bien les ailes coudées un peu tombantes, typiques des milans. Il utilise aussi beaucoup le vol plané, chaque fois que possible, aussi bien en quête de nourriture qu'en migration. La forme et la couleur de la queue permettent de s'assurer de l'identité du planeur. Le vol du Milan noir, aussi bien battu que plané, est très différent de celui de la buse qui bat des ailes de façon saccadée, sans la souplesse du milan, et qui plane ailes légèrement relevées.
  • Chant :
  • Alimentation : le Milan noir est très nécrophage et même détritophage quand il fréquente les décharges. Il se comporte souvent en commensal de l'Homme, sachant que la table est souvent mise pour lui, particulièrement dans "les pays en développement" (décharges diverses, abords d'abattoirs ou d'équarissages, pêcheries et même simples tas d'ordures domestiques).
     Il recherche les cadavres d'animaux là où ils se trouvent. Il suit les routes pour récupérer les animaux tués par les véhicules, surtout des vertébrés mais aussi de gros insectes. Il fait de même au-dessus des cours d'eau et des plans d'eau pour les poissons morts flottant en surface. Il survole, le plus souvent en groupe, les prairies en cours de fauche pour les animaux tués ou blessés par la lame, mais aussi toute la petite faune rabattue au sol. Le retournement des parcelles agricoles l'attire aussi car la lame lui rend accessible toute la faune terrestre, particulièrement les campagnols. A la belle saison, il sait profiter des essaimages massifs d'insectes comme les fourmis ailées ou les imagos d'insectes à larves aquatiques (perles, éphémères, odonates...) qu'il saisit au vol de ses serres et porte au bec.
  • Reproduction : la période de reproduction varie beaucoup en fonction des sous-espèces et des régions. En Europe, elle s'étend d'avril à juin mais les changements climatiques actuels tendent à l'avancer. Le Milan noir est monogame.
     Suivant les conditions du milieu, il niche soit isolément, soit en colonies lâches, ce qui est souvent le cas au bord de l'eau. Après quelques parades aériennes, le couple s'affaire à la nidification. Le site de nidification est souvent en lisière de forêt pour la facilité d'accès. Quand le relief est important, l'aire peut être dans une pente boisée. Elle est construite en branchages secs haut dans un grand arbre, feuillu ou conifère, dans une fourche principale ou sur une grosse branche latérale. Elle est plus ramassée, plus épaisse et inclut systématiquement des matériaux visuels comme du papier, du plastique, du tissu, des peaux..., ce qui la rend typique. Une ancienne aire peut être retapée et réutilisée.
     La femelle pond 2 à 3 œufs qu'elle incube seule durant un peu plus d'un mois. Elle ne quitte pas le nid, le mâle se chargeant du ravitaillement, et de la femelle pendant l'incubation et de la famille pendant le séjour au nid qui est d'un mois et demi environ. Les juvéniles resteront dépendants pendant une quinzaine de jours encore après l'envol. Puis, le grégarisme jouant, les oiseaux vont se regrouper dans des endroits stratégiques où ils prépareront le départ en migration, toujours précoce chez cette espèce.
  • Répartition :
Source : Oiseaux.net

   

Nomenclature
Ordre : Accipitriformes
Famille : Accipitridae
Genre : Milvus
Espèce : Milvus migrans Boddaert